Affaire Boeing 777-200 : Madagascar au cœur d’un scandale international

La Grande-Île se retrouve aujourd’hui au cœur d’un scandale médiatique face à la découverte de cinq avions immatriculés provisoirement Madagascar en Iran. Pour contourner les sanctions américaines imposées à la République islamique iranienne, des documents délivrés par l’Aviation civile de Madagascar (ACM) ont été utilisés. Avec cette affaire d’ampleur internationale, on peut dire que la Grande île traverse une turbulence politique et sécuritaire sans précédent. Nous en parlons justement dans cet article. Découvrez dans les lignes qui suivent tous les détails à savoir sur cette affaire.

Découverte d’immatriculations controversée d’avions : un moment critique pour Madagascar

Alors que Madagascar est en pleine discussion avec un important partenaire économique américain, le scandale lié à l’exploitation de cinq avions Boeing 777-200ER par la compagnie iranienne Mahan Airlines explose à la figure des dirigeants. Étant sous le coup de sanctions américaines, cette dernière s’est en effet prévalue de certificats temporaires que l’ACM a délivrés et censés être valables uniquement jusqu’au 17 avril 2025. Pourtant, la durée de validité de ce document aurait été prolongée de façon illégale jusqu’au 12 juillet. Ce qui suscite une vague de questions non seulement sur les responsabilités des autorités malgaches, mais surtout sur l’efficience du contrôle des documents officiels.

Dans une situation aussi critique que celle-ci, le besoin de défendre la réputation de Madagascar et sa bonne foi auprès de la communauté internationale est de mise. C’est justement en ce sens que l’arrestation de deux suspects sur cette affaire a eu lieu jeudi dernier.

Affaire Boeings 777-200 : les principaux suspects mis en garde à vue

Au cours d’une conférence qui s’est tenue lundi dernier au ministère des Transports et de la météorologie à Anosy, des avis de recherches émis contre deux hommes suspectés pour avoir facilité la livraison des cinq Boeings 777-200 ont été rendus publics. Une plainte pour « faux et usage de faux » a été déposée, mais pas que ! Ces deux individus sont également poursuivis pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

Le 30 juillet, deux individus recherchés dans l’affaire des cinq Boeings 777-200 livrés en Iran ont été appréhendés. Il se serait en effet caché et n’a pas omis d’éteindre leur téléphone selon une source sûre. Ce qui expliquerait d’ailleurs, toujours selon celle-ci, le temps qu’ont mis les autorités pour les localiser.

Justement, l’un des suspects dénommés Heriniaina Rijason Andriamananarivo a été arrêté à Antsirabe le mercredi dernier à 17 heure 45. Quant au second, Singh Khushwinder, il a été retrouvé et interpellé le même jour à Faliarivo Ampitatafika à 21 heures.

Selon les autorités, ces deux personnes seraient des promoteurs d’un potentiel partenariat entre Madagascar Airlines et un investisseur basé en Inde. La donation des cinq aéronefs serait d’ailleurs incluse dans le package. Des aéronefs qui finalement se retrouvent aujourd’hui sur le territoire iranien suite à une falsification du certificat d’immatriculation provisoire.

Le Ministre des transports et de la météorologie limogé et inquiété

La conférence de presse sur l’affaire des cinq Boeings tenus par le ministre des Transports et de la Météorologie, Valery Ramonjavelo, a fini par jouée contre lui. Le Procureur Général près de la Cour d’Appel d’Antananarivo faisait partie de l’audience qui, deux jours après, sollicite le ministère de l’Intérieur d’émettre une décision d’Interdiction de Sortie du Territoire (IST) à l’encontre du Ministre.

En effet, les instructions reçues par l’ACM pour délivrer les certificats d’immatriculation provisoire et de navigabilité des 5 avions proviendraient de lui. D’ailleurs, suite à la conférence de presse qui s’est déroulée au sein de son institution le lundi 28 juillet 2025, il s’est vu limogé.

Lors d’un Conseil des ministres restreint qui s’est tenu à Iavoloha le 29 juillet, le Président de la République Malgache Andry Rajoelina a signé un décret destituant Valery Ramonjavelo de son poste de Ministre des Transports et de la Météorologie. Par la même occasion, le locataire d’Iavoloha n’a pas manqué de rappeler aux membres du Gouvernement l’importance « d’une réflexion approfondie, guidée par la sagesse ; le discernement et le souci du bien commun » pour toute décision engageant la Nation. À cela il ajoute que toutes mesures pouvant porter atteinte aux intérêts du pays ou compromettant la confiance des peuples sont à éviter.

Le ministère des Transports sous la tutelle du Premier Ministre pour le moment

Suite au limogeage de Valery Ramonjavelo, c’est le Chef du Gouvernement, Ntsay Christian, qui se retrouve pour le moment en charge du Ministère des Transports. D’ailleurs, il n’a pas hésité à solliciter l’aide de l’organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et d’Interpol pour mener une enquête sur ce réseau international et démasquer tous les responsables.

Face à ce scandale qui nuit non seulement à l’image de la Grande île, mais aussi à la confiance de la communauté internationale, le Premier Ministre a également demandé de l’aide au FBI afin de démanteler ce réseau en question.

Si le Chef du Gouvernement voit en ces incitatives un moyen de mettre fin à ce complot, les sociétés civiles, les opposants politiques ainsi que la presse locale qualifient ces geste « d’ingérence » mettant en péril la « souveraineté de l’État malgache ».

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