Relation entre la Chine et Madagascar : Une alliance aux avantages économiques en 2025 ?
La Chine se positionne comme le premier partenaire commercial de Madagascar depuis maintenant une décennie. En effet, elle est actuellement la source d’importation la plus importante vers la Grande île et participe modestement aux financements de projets d’infrastructures, bien que concurrencée par la France et ses deux rivaux asiatiques (Le Japon et la Corée du Sud). Toutefois, tout le monde ne voit pas cette coopération d’un bon œil, accusant même le « pays du Milieu » de profiter de la vulnérabilité politique et économique de Madagascar pour imposer sa suprématie. Beaucoup se demande si les deux parties s’en sortent gagnant-gagnant dans cette coopération sino-malgache. Nous en parlons dans les lignes qui suivent. Découvrez !
La Chine : un acteur présent à tous les niveaux
La Chine se positionne actuellement comme le premier fournisseur de Madagascar en produits divers juste devant le Moyen-Orient. En effet, on estime la valeur de l’importation en provenance de la Chine à 1 591,6 milliards d’Ariary au premier trimestre 2025. Ce qui représente 145 300 tonnes de produits importés selon les données du commerce extérieur communiquées par la Direction Générale des Douanes (DGD).
Mais le pays de la soie n’est pas uniquement présent dans l’importation. En effet, le mois de mai 2025 a été marqué par la visite d’une délégation de haut niveau de l’Administration générale des douanes de Chine (GACC), conduite par le Vice-Ministre Wang Lingjun. Cette rencontre avec le Secrétaire général du Ministère de l’Agriculture et de l’élevage, Ramindo Gaetan, avait pour but de renforcer la coopération bilatérale. L’expansion des exportations agricoles malgaches vers le marché chinois faisait d’ailleurs l’objet principal de la discussion. Mais cela ne s’arrête pas là !
En effet, la coopération sino-malgache va bien au-delà de la redynamisation du secteur agricole à travers l’exportation. Le passage du Vice-Ministre Wang Lingjun sur la Grande île témoigne également de la volonté de La Chine à « convenir d’un accord et mettre en œuvre une véritable coopération douanière ». Ce qui impliquerait, par conséquent, une simplification des procédures douanières, l’allègement des procédures administratives et l’optimisation de l’interconnexion entre les deux administrations douanières. Une telle initiative vise non seulement à fluidifier les échanges, mais surtout à poser les bases d’un commerce bilatéral à la fois dynamique et équitable.
Relations Chine et Madagascar : une augmentation des investissements depuis 2019
Depuis 2019, on assiste à une diversification de la coopération entre les deux blocs dans de nombreux secteurs. Depuis lors, le président de la République, Andry Rajoelina, n’a cessé de faire les louanges de « l’excellence de la coopération sino-malgache » auprès de son homologue chinois (XI Jinping). C’était le cas lors du forum économique Chine-Afrique qui a eu lieu l’année dernière au cours duquel une discussion entre les deux chefs d’État s’est tenue. Bien qu’aucun montant exact n’ait été mentionné par les deux responsables concernant les derniers investissements énoncés lors de cet évènement, nombreux sont les observateurs qui estiment que les fonds proviendraient de l’enveloppe de 50 milliards de dollars promis par le Chef d’État chinois lors du dernier sommet Focac.
Aujourd’hui, la Chine est le premier partenaire commercial de Madagascar et son principal fournisseur, détenant 21,5 % des parts du marché. D’après un rapport du Trésor français, elle se positionnerait devant les Émirats arabes unis (avec 10,1 %) et la France (10 %).
Au total, il y a 52 pays africains, dont Madagascar, qui jouissent du plan d’investissement chinois. D’ailleurs, Madagascar a déjà bénéficié d’une promesse d’investissements couvrant divers domaines incluant « 26 projets structurants ». Ces investissements vont de la construction des routes reliant le port de Toamasina à la RN3 ainsi que la route Ambilobe-Vohemar, à modernisation du réseau des télécommunications, sans oublier le soutien au développement et à la diversification de la filière rizicole. En outre, plusieurs entreprises chinoises sont également implantées à Madagascar, avec des investissements estimés à 273 milliards de dollars en 2019.